
Certaines trajectoires échappent aux classifications habituelles. Greg From Paris, alias Grégoire Jeanmonod, s’impose comme une figure atypique dont le parcours traverse la musique, le design et la production sans jamais se plier aux modèles établis. À contre-courant des stratégies classiques, il privilégie l’expérimentation et l’échange, multipliant les collaborations et les projets transversaux.
Ce choix délibéré de la diversité et du partage interroge les modes traditionnels de création. Derrière ce positionnement, une méthode et une vision singulières qui attirent autant l’attention des artistes émergents que celle des professionnels confirmés.
Greg From Paris : qui est vraiment Grégoire Jeanmonod ?
Derrière le nom de Greg From Paris se dessine un visage familier du dessin contemporain. Grégoire Jeanmonod, natif de la capitale, forge ses premiers outils à l’école Emile Cohl, où il s’imprègne d’une rigueur et d’une polyvalence qui serviront de socle à sa démarche. Très vite, Greg saute d’un univers à l’autre, brouillant les lignes entre arts graphiques, sport et musique, refusant de céder à la répétition ou à la facilité. Loin de s’enfermer dans une case, il s’associe notamment au Paris Saint-Germain dès 2018, créant l’étoile Tour Eiffel, désormais symbole du PSG champion d’Europe 2025.
Mais Greg ne se contente pas du terrain du football. En 2024, il signe l’affiche officielle du match PSG vs Real Sociedad au Parc des Princes. Cette même année, il participe à l’aventure Paris 2024 en imaginant le mur des médailles pour le Club France, hommage vibrant aux médaillés olympiques français. Quand le Groupe BPCE lui commande 130 œuvres exposées au Petit Palais pour les Jeux Olympiques, il relève le défi avec la même énergie. Roland-Garros fait appel à lui pour réinventer l’identité visuelle de la fan zone place de la Concorde lors de l’édition 2025.
Côté exposition, Greg M fait sensation à Rock’n’roll’s NOT DEAD au Point Ephémère. Son trait vif accompagne une scène alternative en pleine effervescence. Sa collaboration avec JB Hanak, Stigmate Noir, et la performance de DJ Leax lors d’un vernissage illustrent le dialogue entre musique, dessin et performance. Pour suivre le fil de son parcours, le site gregfromparis.fr livre les jalons d’un artiste qui trace sa propre route, inspirant une nouvelle génération par son audace et sa fidélité à une vision personnelle.
Plongée dans son univers créatif et ses sources d’inspiration
Impossible de cerner le travail de Greg From Paris sans s’attarder sur la richesse de son langage graphique. Son approche foisonne de références, puisant autant dans l’histoire de l’art que dans la contre-culture. Parmi ses sources d’inspiration, citons Jérome Zonder, Egon Schiele, Joël Peter Witkin, dont l’influence se lit dans le souci du détail et une esthétique parfois dérangeante. Ses dessins laissent transparaître l’influence de Ludovic Debeurme, Jean Bedez, Thomas Ott, la radicalité de Genesis P-Orridge ou la tension de Joy Division.
Les références littéraires et culturelles sont tout aussi présentes. La Beat Generation, Bukowski, Lydia Lunch, Alain Pacadis irriguent un imaginaire qui ne craint ni le trouble, ni l’expérimentation. Au fil de ses œuvres, on repère la trace de Jim Jarmusch, de Lou Reed, ou de revues telles que Hey! ou Banzaï, comme autant de balises dans un parcours qui mêle l’intime et le collectif.
Greg refuse de se limiter à une spécialité. À l’atelier, le dessin côtoie la performance, la peinture murale, le croquis spontané. La rue, les rencontres et le quotidien viennent nourrir une énergie brute, perceptible dans chacun de ses projets. Il assume ce mélange des genres, encourageant à puiser dans l’inattendu, à multiplier les références et à faire de la curiosité le moteur de la création.
Quels conseils retenir pour booster sa propre démarche artistique ?
Pas de recette miracle chez Greg From Paris. Pour lui, avancer suppose de se confronter aux doutes, d’accepter l’inconfort, de garder l’exigence comme boussole. Chercher des lieux où expérimenter, même en dehors des circuits officiels, reste l’un des meilleurs leviers de progression. Chaque tentative compte, chaque erreur a sa fonction : la création n’est pas une succession de résultats, mais un processus vivant, fait de reprises et d’ajustements.
La clé, selon lui, réside dans le regard. Observer, documenter, conserver des traces. Tenir un carnet de bord, s’en servir comme mémoire active, nourrit autant l’inspiration que l’esprit critique. Il invite à se frotter à d’autres disciplines, à visiter des lieux nouveaux, à multiplier les échanges. Pour Greg, la créativité respire dans la rencontre, l’écoute, l’appétit de nouveauté.
Voici quelques pistes concrètes pour enrichir sa pratique, inspirées de sa démarche :
- Favorisez la transversalité : mêlez les arts graphiques, la musique, la littérature ou la performance dans vos projets.
- Affichez votre singularité : revendiquez vos influences, vos obsessions, vos imperfections.
- Osez dévier : explorez les chemins de traverse, même ceux qui semblent mener à une impasse, et prenez des risques.
La création s’ancre dans le quotidien. Rencontres, lectures, lieux visités : tout devient matériau. Greg rappelle que l’authenticité se construit dans la durée, loin des modes passagères ou des logiques de communication pure. C’est dans la persévérance, le doute et l’envie d’essayer encore que se dessine un parcours artistique vraiment vivant.
À la sortie de l’atelier, c’est ce regard neuf, ce goût de l’exploration et cette fidélité à soi-même qui laissent une empreinte durable. Peut-être est-ce là, justement, la signature des créateurs qui comptent.
